edith's profileLe Bric à Brac, Le Mric ...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    March 30

    Lettre à vous,

     
    Lettre à vous,
     
     
     
     
     
     
     

                         Monsieur,

     

                        Je vous écris afin de ne point souffrir davantage. Mon âme se consume à votre pensée. Le souvenir de votre regard me transperce le cœur et m’inflige mille tourments. Serai-je assez forte pour sauvegarder le peu d’honneur qu’il me reste ?

                       A votre contact, Monsieur, il m’est impossible de contrôler mes pensées… Celles-ci s’arrachent à mon esprit pour se muer en mots…. Serai-je continuellement esclave de mes paroles ? Car s’il est vrai que nous restons maître des mots tus, n’est-il pas agréable de devenir serviteur de l’amour ?!

     

                       C’est pourquoi, Monsieur, je me livre à vous ainsi. Vos yeux posés sur moi sont telle une caresse violente empreinte de mystère et de sensualité. Vous m’enveloppez dans un monde inexploré, où mes désirs brûlent de vous connaître davantage… Je suis lâche et faible d’être captivée aussi aisément par votre personne. Mais puis-je me détourner de ce feu qui m’attise ?

                      Votre regard m’assiège, Monsieur : sombre, pénétrant…Il révèle deux éclats magnifiques d’intelligence sculptés dans la « Pierre noire ». Seriez-vous incube pour envoûter si belles créatures ?

     

                      Et savez-vous, Monsieur, les sentiments qui m’animent lorsque votre bouche effleure l’idée d’une faveur ? Pour mon plus grand malheur vos palabres sont aussi sibylliques que vos regards. Dois-je prendre le risque de les percer à jour ?

     

                      Monsieur, je vous en prie, ne soyez pas mon bourreau… Transformez cette essence mutine en être docile… Ne soyez donc pas spectateur de ma passion, et donnez-vous à un autre jeu ; celui de l’abandon… Soyez mon maître, laissez moi enfin vous faire mien.

     

     

     

                                       Votre dévouée, Epra

     

     

     

    February 20

    Concours d'écriture

     
    Ce texte a été écrit pour un concours d'écriture, dont le sujet est :
     
    "Le concours consiste à écrire une scène dialoguée entre deux ou plusieurs personnages.
    L'un de ces personnages a pris sa décision : en 2008, il va devenir [m e r].
    Mais de quel [m e r] s'agit-il ? Maire ? mère ? ou mer ?

    Consigne : le personnage ne peut devenir qu'un seul type de [m e r] mais les trois homophones doivent apparaitre dans le texte. Le texte devra également mentionner pourquoi et comment le personnage compte devenir [m e r]."

     

    Je me demande si je ne suis pas passée à côté, s'agissait-il d'une scène de theâtre ou d'une scène romanesque...??  Bref, mon choix s'est orienté vers le roman, avec un style si épuré qu'il s'en rapproche du theâtre et de ses didascalies... 

    Les lecteurs penseront immédiatement à En attendant Godot de Beckett, dont je me suis largement inspirée.... Vive l'absurde !!!

    P.S : Merci à Edouard pour la trouvaille du titre et Merci à Sophie pour les corrections !

     

     

    L’EAU DE VIE

     

     

    Il fait encore bon malgré ce début de soirée. Le ciel est nuageux, parsemé d’éclaircie. On distingue au loin des champs où pâturent les vaches. Deux vieux frères, issus d’une union consanguine, sont assis à même le sol, sur une butte, en leur petit village de Mer. Ils décident, après avoir marché tout le jour, de soulager leurs pieds et leurs semelles et d’attendre paisiblement le repas du soir. Ils se reposent donc, regardent le paysage alentours, une bouteille d’eau entre leurs cuisses. Tout est calme. Ce silence règne entre eux depuis déjà un certain moment. Pourtant, l’un des deux va décider de rompre ce mutisme.

    Titouné, le plus jeune des deux, perdu dans ses rêveries, pense à haute voix :

    «  J’aimerais devenir mère… Ça serait si bien, si beau… »

    Son frère Néné, surpris, le regarde et dit :

    « Maire ? Pourquoi veux-tu t’embêter à devenir maire ? N’a-t-on pas idée… ! Pas besoin d’être plusieurs à faire ça… »

    Titouné ne dit rien, ne réagit pas, ne parle pas, ne bouge pas. Il observe à présent une goutte d’eau restée collée à la paroi de sa bouteille.

    Néné, lui, commence à s’agiter. Il marmonne, se frotte les mains, tripote les poches de son vieux pantalon sale, puis s’énerve :

    « Bon Dieu ! Être maire ? Mais pour quoi faire ? »

    Il compte sur ses doigts et énumère les inconvénients : « Tu vas perdre ta tranquillité, ta liberté, ton sommeil… Fini le repos ! Tu devras t’occuper de ses petits geignards jamais contents… Tu seras obligé d’être à leur écoute vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans te plaindre… ! Fini le grand air ! Tu devras rester cloîtré à la maison, à attendre qu’ils se manifestent… Il te faudra les nourrir, les cajoler pour éviter les remontrances… ! Puis ensuite, ils vont vouloir te contrôler, te surveiller… Plus tard, ils vont te rendre dingue, à te juger, à parler de toi derrière ton dos. Il va falloir que tu la joues fine, que tu esquives les mauvais coups… ! Fini la paix ! »

    Titouné, reste statique, comme hypnotisé. Néné se demande même s’il l’écoute. Mais ses yeux suivent scrupuleusement une goutte qui glisse maintenant le long de la surface en verre. Il attend qu’elle arrive enfin au bout de sa course, dans le fond de la bouteille. Ça y est ! La goutte a rencontré l’eau, elle devient un tout : l’infiniment petit contient l’infiniment grand !

    Néné, furieux de l’apathie de son frère, trépigne, remue les jambes, secoue les bras, le fixe avec un regard de fou et lui crie :

    « Être maire… Être maire… Mais il faut trop réfléchir… Trop de responsabilité… C’est déjà bien assez dur de s’occuper de soi alors des autres… Être maire….

    - Oui ! Oui ! Oui ! Mère, vient du latin mater qui signifie la vie, l’amour, la tendresse… La mère de l’univers, du cosmos et de l’humanité. En outre l’eau, du latin aqua signifiant la vie, la féminité, la fécondité… Le symbole de la création, de la purification et de l’abondance. De plus naître, c’est sortir des eaux, des eaux primordiales, des eaux amniotiques… Innocence, vulnérabilité… Devoir affronter le monde et le découvrir. Naître c’est recevoir la lumière… Nonobstant, Dieu, voyant qu’il ne pouvait suffire à la tâche, décida de créer la mère[1]Je veux, je serai mère… Mère… Mère… Mère… », dit-il d’un seul souffle, les pupilles révulsées, faisant de grands mouvements de bras comme s’il défendait une cause perdue. Soudain il prend sa bouteille, l’observe, la secoue et analyse la trajectoire de l’eau emprisonnée dans son contenant comme s’il faisait une grande démonstration scientifique.

    Néné affolé par cet emportement, secoue la tête et cherche un moyen de le calmer au plus vite. Pris au dépourvu, il prend une grosse poignée de terre grasse et la lui jette à la figure. Mais celui-ci continue de plus belle, vocifère, augmente son débit de paroles en serrant fortement la bouteille dans sa main droite et la terre dans sa main gauche :

    « Mère… Mère... Mère… Terre… Terre, du latin terra qui signifie la mère… C’est ainsi qu’elle enfante le premier homme, grâce à ses cellules ; la poussière…Adam…Adam et Eve, parents de tous les hommes… Mère… Père… Terre… En effet, elle est la matrice universelle, elle élève et nourrit ses enfants : génitrice et nourricière… C’est pourquoi je vais devenir mère… Façonné à partir de la terre, je suis moi aussi créateur de vie… Y retourner par la suite grâce à l’inhumation… Déméter reprendra son travail… Grâce à mes particules semées en elle… Je donnerai naissance… Le troisième jour… Je serai la mère universelle, la terre… L’âme à la matière… Enfin une Mère ! »

    Le corps contracté, Titouné, laisse tomber son eau et sa poussière. Il se serre la tête à deux mains et la presse comme dans un étau. Puis, comme s’il eût été une statue fixe l’horizon. Il était vidé de son essence.

    «  Bon Dieu ! », fait Néné. Il fouille dans sa besace trouée par la vieillesse et le temps, en sort une poche de gros sel. « Tiens ! Fourre ton nez là-dedans ! », dit-il en lui enfonçant la tête dans le sac « et respire fort », rajoute-t-il.

    Et Titouné afin de mieux dégager ses poumons ouvre sa bouche en grand. De nombreux morceaux de sel entrent et il en croque plusieurs. Il s’écrie :

    « Pouah ! C’est dégoûtant, c’est trop amer ! »

    Il prend sa bouteille d’eau et boit quelques gorgées. Il maugrée à cause de ce sale goût salin qu’il a maintenant dans sa gueule… Il regarde autour de lui, lucide, frais, comme réveillé et voit la stupéfaction de son frère.

    « Allez, viens, lui dit-il, on va aller voir le maire ! C’est quoi ses manières. On n’a pas le droit de boire de l’eau douce à Mer, maintenant ? »

    Il se lève, tire violemment sur la manche de Néné et lui répète :

    « Viens, je te dis ! »

    L’aîné se lève, pousse son frère et se décale de deux pas en arrière.

    « Mais… Le maire, c’est toi ! T’as dit que tu voulais être maire ! »

    Titouné ne comprend rien, il s’avance pour le faire taire et le battre. Néné évite le coup de justesse mais le sac tombe et le sel s’éparpille sur le sol.

    « Ah ! C’est malin !, dit Néné en se penchant pour le ramasser.

    - C’est rien ! Viens, je te dis ! On va en chercher d’autre à la maison ! »

    Néné se lève, laissant au sol le gros sel et les bouteilles face aux cailloux et à la boue du sentier. Tout deux se rajustent et prennent la direction de la ferme. Titouné passe sa main sur son visage et s’essuie en grommelant :

    « Voilà qu’il pleut maintenant ! »

     

     

    Epra



    [1] Proverbe espagnol.

    January 04

    Depuis toujours.

     
     
    J'ai lu un texte sur brouillon d'écriture qui m'a totalement bouleversé. Un texte empli d'Amour, de beauté, d'émotion ! Mes yeux, n'ont pu s'empêcher de briller.
    Merci à l'auteur (stéphane Chamak) de m'avoir transporter dans un monde total d'Amour, de m'avoir montrer (même à travers la fiction) que cela pouvait exister.... MERCI !
     
     
     
     
    DEPUIS TOUJOURS
     
     
     
    Je me suis toujours levé longtemps avant elle. Toujours.
    Et comme je le faisais depuis maintenant un demi-siècle, je mets ces quelques heures à profit en l’observant dans son sommeil. Regarder sa femme dormir. Prendre le temps de l’observer dans cet instant rare et d’abandon total. C’est fascinant et vraiment instructif. Emouvant aussi.

    Ce matin n’échappe pas à cette règle d’or que je m’étais imposée depuis notre rencontre, il y a cinquante ans. Assis sur ma fidèle chaise à bascule, je la regarde.
    Comme à son habitude, elle dort sur son coté gauche. La tête appuyée sur son bras droit - ce qui m’a toujours déplu -
    (« après tu t’étonnes d’avoir toujours le bras engourdi au réveil ! » lui disais-je agacé) et les genoux serrés et recroquevillés. Son autre main, quant à elle, semble avoir été punie. Honteuse, elle se cache sous l’oreiller.
    Si je voyais toujours ma femme comme une éternelle adolescente, sa position pour dormir n’y était sans doute pas étrangère. Une septuagénaire qui dort encore en position fœtale est pour le moins surprenant !

    Avec le temps, ma façon de la regarder dormir avait considérablement changé.
    Les premières années, je ne la regardais pas. Je la dévorais des yeux et m’étouffais de sa beauté. Souvent même, torturé par un désir animal, je ne pouvais m’empêcher de la réveiller en la couvrant de baisers et de caresses – « Quel emmerdeur » disait-elle rieuse en feignant de repousser mes assauts -
    Et puis j’ai appris à la regarder dormir. Mes yeux étaient moins maladroits, moins affamés. Ils devinrent plus sages afin de mieux déguster et apprécier cette embellie. Mon regard avait une autre intensité et, tout comme mon cœur, il avait gagné en profondeur.

    Ce matin, son visage arbore une expression enjouée. Moi qui la connais bien, je savais pertinemment d’où venait ce petit air espiègle. Avant hier, notre fils Denis et son épouse Martine nous avaient appelé pour nous inviter à dîner mardi prochain. Depuis deux jours elle ne cesse de m’en parler. Mais je la comprends. Moi aussi, j’avais hâte de serrer mon fils dans mes bras et de radoter mes vieux mensonges à mes deux petits enfants.

    Aujourd’hui, mon regard sur ma femme perdue dans ses songes s’est davantage affiné. Non pas que je ne m’attardais plus sur sa beauté, toujours intacte (n’en déplaise à la vie et au temps qui n’ont pas ménagé leurs efforts) mais j’avais dépassé depuis quelques années le stade de la simple étude et découverte de sa peau. Avec l’expérience et la patience, j’avais su la regarder dormir et voler une partie de son intimité extérieure. Désormais il ne me restait qu’à apprivoiser son esprit. Je voulais qu’il s’ouvre à mes sésames. Entrer dans son sommeil et embrasser ses rêves. Ce désir était devenu mon ultime obsession.
    Il m’arrivait de plus en plus souvent de poser délicatement ma joue contre sa joue, ma tempe contre sa tempe afin d’essayer de connaître et de lire ses songes.
    Je me souviens avoir surpris un matin une expression qui contrastait avec notre situation du moment. Elle avait un visage radieux, rayonnant. Et pourtant, à cette époque, notre couple battait de l’aile. Nous nous disputions assez souvent et pour des broutilles. Pris de panique, je me suis approché d’elle, convaincu qu’elle rêvait d’un autre homme. Ma tempe contre la sienne, j’avais tenté pathétiquement de surprendre ses pensées d’adultères.

    Au réveil, je lui avais fait une scène. Elle m’avait regardé en souriant tendrement comme on regarde un enfant qui se cherche des prétextes et je m’étais senti profondément ridicule.
    Une autre fois, son visage avait un air mélancolique, presque malheureux. Mais derrière ces traits moroses semblait se cacher une grande dignité comme si elle se refusait de sombrer dans un chagrin plus grand. Et devant son doux visage empreint de cette tristesse indéfinissable dont je m’étais senti exclu et bêtement responsable, j’avais fondu en larmes.

    Je pose un regard sur ma montre. Il est bientôt l’heure. Depuis combien de temps étais-je là, assis, à la regarder plonger dans son profond sommeil ? Dix minutes ? Une heure ? Je l’ignore mais cela n’avait guère d’importance. Lorsque mes yeux se posent sur elle, le temps est suspendu, les saisons entremêlées. Les choses ne rentrent dans l’ordre que lorsque ses paupières se mettent à frémir ; lorsque ses prunelles se libèrent peu à peu des liens tissés par Morphée juste avant que son regard ne vienne illuminer la pièce et du même coup me transpercer le cœur. Etre là. Au bon endroit. Au bon moment. Comme le poète qui attend patiemment le lever du soleil.
    C’est un privilège que d’assister au réveil de la personne aimée. Ne pas vivre cela, c’est passer à coté de quelque chose de fort et d’unique.

    Soudain un mince filet de lumière entre sournoisement dans la pièce. Bon sang, j’avais encore oublié de tirer les rideaux à fond !
    Le trait de lumière s’élargit dangereusement et menaçait d’inonder son visage. Je me lève prestement et tire d’un coup sec sur ces étoffes indélicates. Soulagé, je reprend la contemplation du tableau qui sommeille devant moi.

    Regarder sa femme dormir réserve également de savoureux moments de comédie. La voir retrousser le nez à plusieurs reprises comme pour chasser un moustique invisible me faisait pouffer de rire à chaque fois. Quelques mauvaises surprises aussi. – « Sais tu qu’il t’arrive de baver dans ton sommeil ? » - lui fis-je remarquer un matin.

    Mon regard tombe machinalement sur son menton. Quand je disais connaître son visage sur le bout des doigts, je faisais preuve d’une prétention un peu déplacée. Car, pour une raison encore inexpliquée, mes yeux avaient toujours négligé cette partie de son visage. Le menton. Je pensais sans doute qu’il ne donnait que de maigres informations sur sa personne, qu’il était moins noble ou moins révélateur qu’un front ou qu’une bouche. Visiblement, je me trompais. Je le scrute aussi intensément qu’amoureusement. Et je vois ce que je n’avais jamais remarqué jusqu’alors : une minuscule cicatrice. Intrigué, je réfléchis sur la provenance de cette petite trace. Je n’ai aucun souvenir qu’elle s’était blessée à cet endroit et je ne me souvenais pas qu’elle m’ait raconté un incident à ce propos.
    Et dieu sait que malgré mon âge bien avancé, ma mémoire était encore redoutable !
    Par exemple, je me rappelle très bien la profonde entaille qu’elle avait au-dessus du sourcil. C’était lors d’une randonnée équestre il y a trente huit ans. En juillet exactement. Nous nous promenions tranquillement en forêt, près d’Aigues-Mortes lorsque passant sous quelques branches, l’une d’elle s’agrippa au col de mon blouson avant de revenir violemment se projeter sur la figure de ma femme qui se trouvait juste derrière. – « Aie, je saigne » - avait-elle dit simplement avant d’éclater d’un rire juvénile. Désormais à chaque fois que je la regarde dormir, je ne manque pas de m’attarder sur son arcade droite et ses trois points de suture qui me rappelaient cette ballade estivale.
    Mais l’origine de cette infime cicatrice au menton demeure mystérieuse. Décidément son visage était facétieux et, pareil au magicien qui garde jalousement ses tours, il ne semble pas décidé à me dévoiler toute son histoire.

    Une main se pose sur mon épaule. Je lève la tête. Denis me regarde, les yeux rougis et gonflés.
    - Papa, il faut y aller, me dit-il un sanglot dans la voix.
    - Bien sûr, répondis-je en me levant péniblement.
    Alors que des hommes jeunes et vigoureux s’apprêtent à emmener le corps frêle et sans vie de celle qui fut toute la mienne, je me dirige vers la porte, sans mot dire et plus vieux que jamais. Puis je me retourne et lui adresse un dernier regard. A cet instant, une question, la même question qu’elle posait à chaque fois qu’elle me voyait l’admirer du haut de ma vieille chaise à bascule me revint à l’esprit – « Ca fait longtemps que tu me regardes dormir ? »
    - Depuis toujours, dis-je dans un douloureux murmure. Depuis toujours.
     
    (Stéphane Chamak), tiré sur le site www.brouillondecriture.com
     
    April 07

    dédoublement

    DEDOUBLEMENT

      (inspirée d'un film si pourri que je n'en dirai mot sur son titre et de Phantasia de Meddeb).

    Vingt-trois heures. On se couche. Je te sens à côté de moi. Tu ronfles. Mes yeux plongent entre rêve et réalité. Ta peau me frôle, elle me caresse. Ton membre veut me pénétrer. Tes mains s’agrippent autour de mon cou. Tu serres.

     

     Je t’aime ! Pourquoi tu ne m’aimes pas ? Tu ne m’aimes pas !

     

     Tu martyrises ma chair vive. Tu saccages mon corps, le rend à néant. Mes yeux se cristallisent, mes pupilles explosent, mon cerveau bouillonne.

     

    Pourquoi tu ne m’aimes pas ?

     

    Tu t’acharnes sur mon être, il me brûle. Je sens un liquide chaud qui s’écoule le long de mes cuisses. Le sang ! Il coagule, tâche les draps, le sexe. Ma tête se décolle. Tu me cisailles la nuque. Tes doigts se rejoignent.

     

    Tu ne m’aimes pas !

     

    Je ne m’appartiens plus. J’explose. Le sang, le sexe s’interpénètrent.

     

    Tu dois être morte… Tu ne souffres pas, ne gesticules pas, de bouges pas. Tu l’entends ronfler. Il est à côté de toi. Tu l’aimes !!!!

     

    edith

     

    Explication du texte car il déroute :

    Il y a des pistes, pour comprendre le texte, par exemple la deuxième phrase " Mes yeux plongent entre rêve et réalité" signifie l'état lorsque qq. se trouve dans les vappes, qd il se sent partir dans le sommeil.....donc elle rêve; elle rêve que son mec la tue....On le voit à la fin qu'elle rêve car elle ne sent aucune douleur "tu ne souffres pas"..... De plus on remarque, que qd elle rêve elle emploi le "je" et qd elle se rend compte qu'elle a rêvé elle emploi le "tu", elle prend conscience de son rêve... cela ne vous est jamais arrivé de vous parler a la deuxième personne qd vous êtes bouleversés par un événement ?....Par exemple qd vous vous énervez contre qq., vous êtes prêt à faire un carnage, vous vous dites "tu te calmes maintenant".....vous prenez de la distance et vous vous dédoublez. En gros l'histoire est l'histoire d'un rêve et vous pouvez le comprendre par le jeu des pronoms (a la fin elle prend conscience que ce n'était qu'un rêve)et par ces phrases ambiguës ; au début donc elle vacille entre rêve et réalité et a la fin, elle l'entend ronfler (comme au début qd elle se couche)....
    Le but du jeu, c'était effectivement de brouiller le lecteur, en effaçant les signes mais ils restent toujours là....
     p.s : j'ai fait exprès de ne pas mettre les guillemets pour le seul dialogue imaginé (pourquoi tu ne m'aimes pas?.....etc.) par contre pour donner la piste ces phrases là je les ai séparées du récit en sautant une ligne a chaque fois et elles sont de caractères diiferents..... Ces phrases là sont dites par le mec. C'est pour cela qu'il s'acharne sur son corps et veut la tuer.

    January 27

    Le Secret des Cieux

     (Conte pour enfants)
     
     
                                                                            A cet homme qui vit dans ses rêves.
     
     
     
     
     
    Sandali était un homme rêveur. Il passait ses journées dans ses livres à lire les mythes, les contes de fées, les témoignages, bref il se considérait lui-même comme une page blanche qu’il fallait noircir. Il allait souvent sur la côte, car comme il disait : « le vent partage avec moi mes histoires, Il a la tâche d’en tourner les pages ».
    Les enfants du village se pressaient autour de lui, friands d’histoires nouvelles et merveilleuses. Sandali, leurs racontait les origines du monde, des animaux, des végétaux, faisait le compte rendu des péripéties de ces personnages. Cependant il lui manquait un savoir, celui de connaître l’origine des cieux. De la colline, il observait l’océan et il remarqua que le ciel, le soleil, les étoiles et la lune se reflétaient dans l’eau. « Rien d’étonnant » se dit-il, il avait lu le mythe de Narcisse, qui s’était noyé à force de se pencher pour s’admirer. Mais lui, voulait toucher et comprendre les cieux. Au lieu de se tordre le cou à regarder vers le haut, il lui suffisait de voir dans cet immense miroir qu’était l’océan.
    Il se confiait souvent aux enfants de ce grand mystère. Il leurs répétait : « Un jour, je saurai l’origine des cieux, et quand j’aurai découvert ce fabuleux secret, je viendrai pour vous le raconter ». Les bambins, tout émoustillés levaient les yeux vers le ciel et tout en écoutant Sandali, rêvaient à un secret que nul ne connaissait.
    Un soir, ne tenant plus, il décida, de prendre une barque, et d’aller sur les flots. Il se pencha pour admirer non pas son propre reflet mais le reflet du ciel, de la nuit, de toutes ses illuminations qui lui paraissaient féeriques. Il se dit : « Peut-être que si je plonge dans le miroir je me retrouverai de l’autre côté, dans les cieux, et je pourrai alors converser avec la lune et les étoiles. Elles me conteront leurs histoires et leurs rêves ». Décidé à percer le secret, il se laissa tomber dans l’eau. Il était si heureux d’enfin partager et d’écouter les paroles du ciel. Mais Sandali se noya. Le lendemain, les enfants l’attendirent toute la journée pour une nouvelle histoire, mais il ne vint pas. Après maintes et maintes palabres, ils se souvinrent de la promesse de Sandali. A ce moment là, leurs regards se dirigèrent vers l’océan, mais ils ne voyaient rien. Ils restèrent à même le sol attendant la nuit. Lorsque le voile bleu du ciel disparut, et que le manteau noir prit sa place, de multiples étoiles scintillèrent. Un des jeunes dit aux autres : « Regardez le reflet, dans l’océan, il tombe une pluie d’étoiles ! » Tous les enfants regardèrent soit le ciel, soit l’eau et effectivement, il tombait des dizaines et des dizaines d’étoiles filantes. Attentifs, ils comprirent que c’était Sandali qui leur racontait une nouvelle histoire, empreinte de mystère et de révélation.                                                                                                                                          
     
     edith
    December 10

    Il le faut !

    « Ça y est, on arrive » dit-il. Arrivés dans la cour, il m’explique : « C’est une maison que m’ont donné mes grands-parents. » Je sors de la voiture. Il me précède, enfonce la clé dans la serrure et entre. L’intérieur est vieux, je sens l’humidité envahir mon corps. Mais que fais une fille de 16 ans avec un homme de 27, dans cette maison ? Pourquoi l’ai-je suivi ? Ah ! Oui ! Parce qu’il le faut. Il me propose un verre, je le porte à mes lèvres et bois. Je sens son regard sur moi et  m’enfonce dans son canapé rapiécé. Un grand silence résonne dans la maisonnette. Il essaie de tenir une conversation mais un malaise se crée entre-nous. Il saisit l’excuse du froid pour me dire : « Viens, on va dans la chambre, dans le lit on aura moins froid, et puis on peut se regarder un film. » Je ne dis rien, et le suis. Il faut que je le fasse ! On s’engouffre  sous les couettes, lui, enlève son pull, son pantalon, n’a que son caleçon, je l’observe se déshabiller  alors que je garde tous mes atours. On fait semblant de regarder le film. Lui doit penser à une technique pour me décrisper, moi, je remonte dans le temps, à cette soirée où je l’ai rencontré. Il était élégant, viril, je m’étais dit « il doit avoir de l’expérience, il doit être délicat, il faut que tu le fasses. » Du coup je l’avais suivi, chez lui, où je devais y rester la nuit. Je sors de ma léthargie, son visage se rapproche, il veut m’embrasser. Il m’embrasse, nos langues se mêlent. Il me prend dans ses bras et rapproche mon corps du sien, je le sens frémir, il ondule. Que dois-je faire ? Il glisse une main sous mon pull et commence à me caresser, je n’aime pas du tout mais le laisse agir. Ne faiblis pas, tiens bon, il faut le faire ! Ça y est, on est arrivé, je ne peux plus reculer, il me déshabille, alors que son désir monte, le mien est nul. Allez courage ! Une nouvelle étape de franchit, cette fois-ci c’est mon jeans qui y passe, je suis en sous-vêtement. Mon dieu, je suis presque nue ! Il touche mon sexe, caresse cette fleur sensible. Je reste immobile, froide, aucune réaction à part le dégoût qui commence à naître. Ça y est c’est le début de la fin, il m’enlève le peu de tissu qui me protégeait encore. Lui, fais tout pour me mettre à l’aise, me demande si ça va : « tu veux quelque chose ? » Mais pourquoi cette question ? Oui, je veux en finir de tout ceci, il faut que ce soit fait, pensais-je. Là il sort de son tiroir un tube, il en extrait un liquide froid et limpide et me masse le sexe avec. Je ne sais pas pourquoi cela me rassure. Il doit avoir l’habitude de « prendre » des jeunes filles. Effectivement il me fait part de ses expériences sexuelles précédentes : « tu sais, ce n’est pas la première fois que je couche avec une vierge, tu es ma quatrième, ne t’inquiètes pas, ça fait mal au début puis après la douleur disparaît. » Tout en me massant, il me fait un cours sur la déchirure de l’hymen. Ça y est le dégoût est bien présent, je le sens au fond de ma gorge. Il se positionne sur moi, je suis une marionnette entre ses mains. Il dispose de mes jambes, de mes bras. J’ai peur. Allez courage ! Je comprends qu’il prend plaisir à me dépuceler, il décide de la position, je n’y connais rien, je sais juste qu’il faille le faire. Je me rassure ; il est plus âgé que toi, ce n’est pas sa première fois, il sait comment  faire, il atténuera ta douleur, il prendra soin de toi. Je sens son sexe dur forcer. Je crie, j’ai mal. Il ne dit rien, se concentrant sur son propre plaisir. Il continue. Je hurle. Quelque chose en moi se déchire, tout mon être souffre le martyr. Il me demande de me taire : « Chut ! Tu cries trop fort, on va t’entendre. » Cela m’est égal, j’ai mal, j’ai mal, mon dieu que j’ai mal. Allez, plus que quelques minutes et tout sera fini. J’essaie malgré la douleur de penser à l’homme que j’aime. Avec lui, ça sera différent, on aura plus à passer ce cap douloureux de la déchirure. On pourra faire l’amour, pas de cri douloureux, pas de panique, pas de doute, on s’aimera c’est tout. Il faut que j’aille jusqu’au bout. Ce morceau de peau dérange, il doit partir, il obstrue le moment magique où deux êtres se réunient. J’ai l’impression que ça dure une éternité. Je gémis, il soupire. Ce moment est atroce. Il accélère. Ça y est la fin approche, je n’en peux plus. Il éjacule. J’ai envie de vomir. Il s’allonge à coté de moi. Il veut m’embrasser, je détourne mon visage, j’ai envie de pleurer. Il me demande si je vais bien, je ne réponds pas. Je me tourne et prends la position du fœtus. Si seulement il pouvait disparaître. Mais non, il est bien là, il ouvre de nouveau son tiroir. Il  me tend une serviette hygiénique : « Tiens, tu en auras besoin. » Je reste 5 minutes complètement statique. Il faut que je me reprenne, ça y est, Orléa, tu l’as fait ! Je me lève, me rhabille. Je n’ai pas envie de rester plus longtemps dans cet endroit. Je lui dis : « Je pars ! » Il veut me retenir, me plaque contre le mur pour m’embrasser. Je le fuis : « non, arrête ! Il faut que je parte. » Il me tend son téléphone : « tu m’appelles quand tu veux, j’ai été ravi que tu viennes ce soir, la prochaine fois ça sera mieux tu verras. »  Je franchis la porte de cet endroit devenu glauque pour moi. Je pars en courant, l’air vif me pique les yeux. Un sourire me monte au visage : « ça y est, je l’ai fait, c’est fini ! » dis –j’à haute voix, « je l’ai fait, c’est fini ! » Je pourrai ainsi avoir une vraie première fois avec mon amour. Et cette fois-ci on sera deux à s’aimer.
     
    Epra
    September 17

    MIREILLE

    MIREILLE par Edith pradalié
    March 27

    Hypnotique

    ca y est Louis, j'ai terminé ma nouvelle !!!!!! J'ai relevé ton défis... écrire une histoire avec comme ingrédients : sexe,romantisme, sang et neige. ON fait moins le malin là hein ?!!!!

     

    HYPNOTIQUE

     

             Elle était blessée, une goutte de sang alla s’échoir sur cette neige immaculée…Elle resta debout, le regard fixe sur cette forme. Elle était comme hypnotisée par la beauté paradoxale de ce rouge si vif plaqué sur un blanc si pur. Elle resta longuement là, plantée dans le froid, à regarder les flocons s’imbiber d’hémoglobine. Elle perdit totalement la notion du temps, du monde et s’oublia dans ses pensées. Cette tâche ressembla bientôt aux lèvres de Téo, son ancien amant.

             Elle y voyait ses lèvres vermeilles, qui s’entrouvraient pour laisser transparaître une certaine sensualité. Il avait la lèvre inférieure retroussée ce qui donnait envie à Léa de la lui mordiller. Elle était raide dingue de sa bouche si bien dessinée, de sa douceur, elle n’avait qu’une envie la lui prendre toute entière, pleinement.

             Ils s’étaient rencontrés un jour, par hasard, au croisement d’un chemin. Léa à cette époque était étudiante en communication à toulouse. Téo, lui, travaillait en tant qu’informaticien dans une boite privé de la ville rose, blanchie par l'hiver. Tous deux avaient une vie assez remplie avec tous ce que la vie vous donne de responsabilités : un travail à faire au mieux, des amis à ne pas oublier, sans perdre de vue la personne qui comble le vide de l’existence.

             C’était en décembre au moment des fêtes de Noël. Léa en profita  pour retourner chez elle, dans sa famille. Elle se dirigea vers la gare, prit son billet le composta et entra dans un wagon. Elle aimait bien prendre le train, observer les gens, les familles. Sans s’en rendre compte ils lui offraient un moment de leurs existences, chaque geste, ne serais-ce qu’une main dans les cheveux signifiait un bonheur, une pensée, une histoire. Son coin fétiche était l’arrière, elle pouvait quand elle le souhaitait se joindre à leurs destinées ou bien rester dans la sienne bien au chaud dans sa solitude.

             Ce jour là, elle remarqua un homme qui pianotait sur son ordinateur portable. Il semblait avoir vers les 22 ans, châtain, les yeux clairs, sportif. Il l’amusait beaucoup. Il était si concentré sur son écran qu’il semblait être seul au monde. Il ne remarqua pas le regard lourd de Léa posé sur lui. Elle s’amusa à le détailler, à capturer ses petits défauts, ses mimiques, ses moues… Plus elle l’observait et plus elle lui trouvait du charme. Il était si détaché, qu’il lui donnait envie d’aller le retrouver tout là haut dans sa tour d’ivoire. Au bout de plusieurs minutes, il daigna lever le nez. Il fit un regard circulaire dans le wagon et surpris Léa entrain de lui sourire. Il lui sourit à son tour puis se replongea dans son travail. Son sourire avait provoqué chez Léa un chavirement. Il avait en un instant illuminé tout l’espace. Elle se sentit si petite qu’inconsciemment elle s’enfonça dans son fauteuil. Lui ne remarqua rien. Elle décida de prendre un livre et de lire sagement dans son coin jusqu’à destination. Son objectif de la journée n’était sûrement pas de tomber amoureuse et qui plus est d’un inconnu.

             Cela tombait bien car elle avait pris à la bibliothèque Et si c’était vrai de Marc Lévy. Elle ouvrit le livre et commença à lire : «  On rêve d’un idéal, on le prie, on l’appelle, on le guette, et puis le jour où il se dessine, on découvre la peur de le vivre, celle de ne pas être à la hauteur de ses propres rêves, celle encore de les marier à une réalité dont on devient responsable. » Mais qu’est ce que c’est que ce livre, pensa Léa ? Il cherche à culpabiliser les pauvres jeunes filles blessaient par l’amour ? Avec beaucoup de scepticisme elle continua à lire quand soudain le train s’immobilisa. Elle resta tranquille, ne s’inquiéta pas jusqu’au moment où elle capta les signaux de détresses des gens qu’elle avait observé. Les rires étaient devenus crispés, les yeux aimants, douloureux. Que se passait-il ? Une voix se fit entendre dans les haut-parleurs : « Messieurs dames, veuillez nous excuser pour cet arrêt inopiné, nous avons détecté une faille dans notre système, nous vous prions d’évacuer le train pour plus de sécurité, en vous remerciant de votre compréhension. » Ce petit message vocal sensé calmer tout le monde accentua les angoisses. Les personnes se pressèrent à l’extérieur du train dans un désordre inimaginable. Léa dans cet affolement pris juste son sac à main et descendit du wagon. Les vacances commençaient bien ! Il était près de 23 heures, la température dehors atteignait environ les 0° C et il fallait attendre sur un sol juché de neige. Quel tableau magnifique ! Léa marchait vers la plaine quand elle entendit une mini explosion. Après l’effet de surprise passé, elle se mit à sourire : « Il ne manquait plus que cela, on est pas près de repartir et pour couronner le tout, le train a choisit de terminer sa course en pleine campagne. C’est le bouquet ! » De dépit elle s’assit sur le sol neigeux et regarda le spectacle. Tant qu’à faire autant en profiter. La fumée gagnait le ciel et les flammes léchèrent la toile, donnant un effet de miroir grâce à la poudreuse. Elle émit un soupir quand elle entendit près d’elle un homme disant : « Et si c’était vrai…. C’est à vous n’est ce pas ?  C’était le jeune homme à l’ordinateur. Alors lui aussi l’avait observé ! « Oui, merci », répondit-elle. Aucun des deux ne cherchèrent un contact particulier. Ils se contentèrent de regarder dans la même direction. Les gens étaient de plus en plus affolés. Les parents criaient le prénom de  leurs enfants et les tenaient dans leurs bras… Qu’allait-on faire, où allait ? Les mécaniciens s’activaient, avaient déjà éteint le feu et appelaient les secours. La nuit tombait vite, le froid devenait glacial. Léa grelottait. Téo partit en direction du train sans dire un mot, entra et revint près d’elle avec sa valise. Il en sortit deux gros pulls et une couverture. Dans un silence le plus absolu il tendit à la jeune fille un des pulls et se rapprocha d’elle avec la couverture et dit : «  à deux, on aura moins froid. ». Léa gardait les lèvres serrées. Elle le contemplait, son visage était calme, ses traits détendus, elle y découvrit même des détails dissimulés jusqu’alors. Elle entreprit la conversation :

    « Quel est votre nom ? 

    - Téo et vous ?

    - Léa.

    - Enchanté. Je pense qu’il va falloir que l’on dorme dans le train pour cette nuit. Cependant je connais une auberge à quelques mètres d’ici, cela vous dit de dormir au chaud.

    - Oui, bien sûr.

    Sans aucune suspicion elle le suivit. Ils arrivèrent sur une route nationale. Elle pouvait discerner à quelques centaines de mètres une bâtisse en pierre. Elle se pensa : « Hum, chouet ! Une nuit à la paysanne ! ». Leurs seuls mots durant le parcours fut leurs bruits de pas dans la neige. A l’arrivée, Téo ouvrit la porte en chêne, non sans difficultés et sonna l’habitant.

    « Oui, fit-il. 

    - Bonjour, nous sommes du train en difficultés, auriez-vous deux chambres ?

    - Désolé, j’ai bien peur que non, d’autres ont eu la même idée que vous, il ne me reste rien….. »

    Cette nouvelle assomma Téo et Léa qui été meurtris de froid et de fatigue. La bonté de l’aubergiste lui fit dire : « J’ai peut-être un endroit où vous loger mais ce n’est pas très confortable, elle se situe juste en dessous du grenier.

    - Qu’importe, répondit Téo, nous sommes tellement fatigué que nous la prenons ». Ils montèrent l’escalier. Les vieilles marchent grinçaient sous leurs poids. Effectivement cette chambre n’était pas pour un sous luxueuse. Elle possédait un grand lit, un pot de chambre et une grande armoire, imposante où le propriétaire devait ranger là, le linge de la maison. Léa se sentit gênée, elle était seule avec cet inconnu où il fallait à présent partager un moment d’intimité. Pendant qu’il sortit régler deux ou trois points avec le responsable, elle en profita pour se déshabiller et s’engouffra dans les draps. Hum ! Que c’était bon cette bonne odeur de bois, d’autrefois. Cela lui rappelait ses vacances chez sa grand-mère étant petite. Elle se mit en boule et commença à s’endormir.

    Dehors, le vent jouait une symphonie, faisant danser les branches des arbres. Léa se tourna et alla à la rencontre d’un corps jusque là étranger. Elle en avait oublié la présence de Téo. Celui-ci ne broncha pas et la laissa faire. Elle se rapprocha de son corps, et alla se glisser dans le creux de son épaule. La douceur et l’odeur de la peau réveillèrent peu à peu Léa. Une chaleur intense envahit son ventre. Elle était si bien, c’était si bon de sentir une peau contre la sienne. Sans réfléchir à ce qu’elle faisait, guidée seulement par le désir qui s’éveillait en elle, elle se mit à frôler le torse de Téo. Du bout des doits, elle le caressa, il était si doux… Téo commençait à frémir mais ne bougeait pas. Léa adorait sentir l’excitation montante chez les hommes, elle adorait les provoquer, les mettre à dure épreuve. Elle alla sur les flancs, frôla le sexe de Téo. Lui décida de se manifester, il se tourna vers elle et l’embrassa sensuellement. Le désir montait en elle, une vague de chaleur l’emporta. Les lèvres de Téo étaient chaudes et lui faisaient du bien. Elle, elle descendit sur son corps, bien décidée à faire de cet embrasement un vrai volcan. Elle l’embrassa goulûment, à pleine bouche, puis descendit dans le cou, sur son torse, sur les flancs. On aurait dit que ses lèvres exécutaient la même danse que les arbres. Elle s’attarda sur cette partie du corps. Elle sentit la peau de Téo frémir sous l’action de sa bouche, de sa langue ivre de passion. Son sexe se dressa et celui de Léa appelait le désir. Doucement elle lui enleva son caleçon, et entreprit de lui faire découvrir Jouissance. Elle prit son sexe dans ses mains, et tout en le regardant effectua des mouvements de va et vient. Téo emballé par la scène, soupira. Léa voulait jouer. Elle mit le phallus dans sa bouche et effectua comme avec les mains un va et vient. Puis doucement elle lécha le long de sa verge pour s’attarder sur le gland. Elle l’embrassa, lui donna des coups de langues et le remis dans sa bouche. Elle jouait avec comme si c’était une sucette, elle la dégustait, n’en perdait pas une goutte, elle redevenait une enfant. Pendant que sa bouche était occupée à faire frissonner le bâton de joie, sa main s’activait sur les testicules, elle les caressait lentement, les faisait rouler sous ses doigts… C’était bon, très bon… Mais elle n’en pouvait plus, son désir était trop fort, elle sentait son sexe se liquéfier sous elle, tellement son envie était grande. Elle remonta le long du torse de Téo et alla retrouver sa bouche. Lui, avait été tellement bien traité qu’il voulait en faire de même. Il lui ôta le reste de ses habits, pris ses seins entre ses mains, entre ses lèvres… Ils ne contrôlaient plus rien et se laissaient aller à leurs destinées. Il écarta ses jambes et à l’aide de ses doigts s’introduisit dans la fente humide. Léa soupirait. Il remonta jusqu’au clitoris et s’amusa avec, le frôla, le pinça, le caressa. Léa n’en pouvait plus, elle se mit doucement à gémir. Elle lui murmura au creux de l’oreille : « je veux te sentir en moi. » Ils s’embrassèrent et Téo la pénétra. C’était brûlant. Leur corps se mélangèrent, effectués une danse : la danse de la sensualité. L’excitation était à son paroxysme. Léa sentit en elle ce bout de chair qui lui faisait tellement de bien, le rythme augmenta, le désir aussi, le frottement, les va et vient, les caresses intimes eurent raison de leurs états. Léa sentit dans son ventre une brûlure, elle ne contrôlait plus son corps, il était dirigé par le feu de la passion. Elle sentit Téo se raidir de jouissance, et tout se finit dans un râle de plaisir extrême. Ils avaient vu le soleil et la lune s’entrechoquer, le feu et la glace s’aimer, le ciel et la terre communier. Ils s’endormirent peu après repus de bonheur.

    Le jour pointait à l’horizon. Léa se réveilla et contempla Téo dormir. Il était si beau. Il avait des cheveux luisants, une bouche si rouge et une peau si blanche…Un magnifique paradoxe. Il ouvrit les yeux et elle découvrit avec émerveillement qu’il avait les yeux vairs.

    «Bonjour, fit-elle.

    -Bonjour. »

    Ils se regardèrent un long moment, puisaient les belles phrases et les mots doux dans les yeux de l’autre. Pourquoi émettre un son alors que les yeux sont le miroir de l’âme, pas besoin de mots pour exprimer les sentiments, il suffit d’un regard. Ils décidèrent de se lever. Ils s’habillèrent et descendirent dans la pièce principale. Elle était bondée de monde, les gens déjeunaient paisiblement, se remettaient de leurs émotions de la veille.

             La SNCF avait prévu des cars pour amener ses clients à destination et remboursait les tickets. Le chemin de Léa et de Téo se sépara ici, dans cette campagne, au milieu de nulle part. Léa eut toujours l’espoir de le retrouver au détour d’un chemin, mais se disait-elle : « ce ne doit pas être le bon moment. »

     

     Epilogue

     

             Cinq ans s’était écoulé depuis cette fameuse nuit. Léa en voulant tailler un arbre, s’était coupé. Le sang coulait le long de sa main et tomba sur la pelouse gelée. Après s’être sortie de la léthargie dans laquelle elle s’était mise, courût à l’intérieur, s’enveloppa la main dans un torchon et se dirigea vers le plus proche hôpital. Elle entra dans les urgences et s’installa sur un fauteuil dans la salle d’attente. Son regard était inquiet, elle perdait beaucoup de sang, il faudrait sûrement lui faire des points. A cet instant, un homme arriva et alla s’asseoir en face d’elle. Elle l’observa comme elle aimait bien le faire. Il avait la lèvre inférieure retroussée et les yeux vairs. Lui, lui sourit et sortit de son sac un livre de Marc Lévy : Et si c’était vrai….

     

    Epra (edith pradalié)

    March 13

    défis

    défis : écrire une nouvelle avec comme ingrédients : du sexe, du sang, du romantisme ret de la neige.......Louis je relève ton défis.......si vous voulez le relever....à vos stylos.......